Faut-il investir dans les SCPI en ce moment ?

Comptez sur le réel plutôt que sur les pronostics : face aux tourments de nos clients et à la volatilité provoquée par la crise sanitaire, Grisbee a réuni pour une deuxième table ronde trois experts du secteur SCPI pour faire le point sur les perspectives :

  • Jean-Christophe ANTOINE, Président du Groupe Atland Voisin
  • Jean-François CHAURY, Directeur Général Advenis REIM
  • Antoine DEPIGNY, Directeur du Développement chez Primonial REIM

Voici les grandes lignes à retenir du webinaire et de la conférence disponible en replay.

Les conséquences de la crise sur les sociétés de gestion de portefeuille, notamment côté collecte

Alors que l’ambiance générale s’est tendue et que les premières semaines ont été marquées par l’attentisme, un constat s’impose : l’épargne n’a pas dévissé. Le marché a continué d’attirer des fonds, même si la prudence a dominé, tant sur les actifs liquides que sur les placements à long terme. Aucun indicateur de fond n’a révélé de rupture brutale, et même les segments habituellement fragiles, commerces, bureaux, n’ont pas flanché massivement. Certes, la collecte des SCPI a reculé d’environ 40%, mais ce ralentissement tient beaucoup à la logistique : souscrire à distance s’est avéré plus complexe que prévu. Parallèlement, la souscription 100% en ligne proposée par Grisbee a permis de maintenir un accès ouvert à l’investissement, soulignant au passage l’urgence pour les sociétés de gestion de digitaliser leurs process.

L’impact de la crise sur les SCPI

Les craintes autour des impayés ou reports de loyers et de leur incidence sur le rendement des SCPI méritent d’être nuancées.

En France, les sociétés de gestion ont rapidement réagi en négociant des reports de loyers, avec des contreparties solides comme l’allongement des baux, pour préserver la stabilité à moyen terme. En Allemagne, terrain de jeu privilégié pour Advenis REIM via Eurovalys, l’État a légiféré sur un report d’environ trois mois, encourageant les propriétaires par des incitations, avec des taux d’intérêt moyens autour de 8%.

Les dispositifs d’aide aux entreprises en France, comme le PGE, et le plan de relance massif de 750 milliards d’euros en Allemagne, ont contribué à rassurer les acteurs et à soutenir le secteur immobilier.

Chez Grisbee, les partenaires sélectionnés s’appuient sur un portefeuille solide, avec des locataires à la solvabilité éprouvée (notation BB à AAA), ce qui amortit les effets de la crise.

Le télétravail va-t-il bouleverser l’avenir des SCPI de bureaux ?

Le télétravail n’est pas une découverte. Il y a dix ans déjà, on prédisait la fin des bureaux, tout comme certains annonçaient l’agonie du commerce physique avec l’essor du e-commerce. La crise sanitaire va indéniablement laisser son empreinte, mais elle ne rayera pas les bureaux de la carte.

Plusieurs points viennent tempérer les inquiétudes :

  • Le télétravail va à contre-courant de la culture d’entreprise et du lien social, piliers du fonctionnement collectif.
  • Basculer vers un modèle entièrement à distance oblige les entreprises à équiper chaque salarié, bureaux, connexions, matériel, avec à la clé des surcoûts non négligeables.
  • Les échanges numériques exposent à des risques de cybersécurité et de confidentialité difficiles à maîtriser.
  • On observe déjà une tendance à densifier l’espace de travail : le besoin de mètres carrés ne disparaît pas, d’autant que le taux de vacance des bureaux reste faible pour l’instant.

Plutôt qu’une rupture, c’est un rééquilibrage qui s’annonce : les entreprises ajusteront leur organisation, mariant télétravail et présence sur site, loin d’un effondrement du modèle des bureaux.

SCPI et secteur de la santé : résilience et potentiel

Les SCPI spécialisées dans la santé, à l’image de Primovie (Primonial), sont restées quasiment insensibles aux secousses financières récentes. Ce segment, encore marginal sur le marché, est appelé à se développer rapidement, notamment sous l’effet des besoins d’infrastructures révélés par la crise sanitaire.

Quelles performances attendre en 2020-2021 pour les SCPI ?

Malgré la nervosité ambiante, les rendements des SCPI ne devraient pas s’effondrer en 2020. Les sociétés de gestion, fortes de leur expertise sur les actifs spécialisés et résidentiels, ont maintenu leur rythme d’investissement. Sauf rebondissement sanitaire, Primonial REIM anticipe un rendement stable pour Primovie autour de 4,5%. Du côté des commerces, la situation se veut également rassurante : chez le Groupe Voisin, les impayés et annulations de loyers pèsent moins de 1% des revenus annuels. Même pour Epargne Pierre, une baisse du rendement est attendue pour 2020, mais un retour à la normale est envisagé dès 2021.

Quels repères surveiller avant d’investir dans une SCPI ?

Avant de placer ses fonds, il faut prêter attention à plusieurs leviers :

  • Le niveau de capitalisation : plus il est élevé, plus les risques sont mutualisés.
  • La diversification des actifs, qui protège contre les à-coups sectoriels.
  • La structure de financement de la SCPI : moins la dette pèse, plus la marge de manœuvre est grande pour la société de gestion.

Dans le climat actuel, il reste pertinent de comparer la valeur de reconstitution de la SCPI à son prix d’achat. Cette période un peu creuse peut offrir des opportunités à saisir pour les investisseurs patients.

Le marché des SCPI, qu’il s’agisse d’immobilier de santé, de bureaux ou de commerces, garde un cap solide. Investir dans une SCPI reste une démarche sur le long terme : mieux vaut donc cibler les véhicules les plus robustes et les sociétés de gestion reconnues, capables de résister aux périodes difficiles grâce à des équipes aguerries. Grisbee a justement sélectionné les SCPI au rapport rendement/risque le plus attractif et aux gestionnaires les plus fiables. Découvrez notre sélection du meilleur du marché SCPI.

Pour approfondir le sujet, la rediffusion complète de la conférence est disponible : toutes les questions et réponses y sont détaillées.