Un dégât des eaux ne s’annonce jamais, mais il bouleverse tout sur son passage. Dès que les dégâts dépassent un seuil fixé par contrat, l’assurance mandate un expert. Pourtant, chaque expertise a ses zones grises : deux sinistres, deux histoires, rarement le même parcours. Propriétaires et locataires se retrouvent parfois à devoir gérer des obligations inattendues, surtout si les responsabilités ne sont pas clairement établies.
Certains contrats d’assurance imposent des délais rigoureux pour signaler le sinistre, sous peine de voir l’indemnisation réduite. Peu le savent : il reste possible de faire appel à un expert indépendant pour contester le rapport officiel, une démarche encore trop peu utilisée.
Dégât des eaux : comprendre les causes et les premiers réflexes à adopter
Un dégât des eaux dans un logement surgit sans prévenir. Les origines, elles, sont multiples : fuite sournoise sous l’évier, canalisation rompue dans un mur, débordement d’un lave-linge, infiltration par une toiture vieillissante. Mais le résultat est toujours le même : l’eau se faufile, détériore, laisse parfois des traces indélébiles. Parfois, l’humidité s’installe, les moisissures apparaissent, la valeur du bien s’en ressent.
Quelle que soit la situation, ne perdez pas une minute. Coupez l’arrivée d’eau dès que possible si la source est interne. Mettez hors tension les appareils concernés. Si plusieurs logements sont touchés, avertissez vos voisins. Faites intervenir un professionnel pour localiser précisément la fuite : agir vite limite la casse.
Un dégât des eaux n’épargne ni les meubles, ni les murs, ni les planchers. Surveiller les appareils à eau et entretenir la plomberie réduit les risques. Pour vous y retrouver lors des premiers instants, voici l’essentiel à faire :
- Identifiez la source du problème : robinet, tuyauterie, toiture, machine défectueuse.
- Mettez en sécurité vos biens : placez meubles, papiers et équipements sensibles hors d’atteinte.
- Rassemblez les preuves : chaque photo, chaque détail des dégâts comptera lors de l’expertise.
La capacité à déterminer l’origine du sinistre influe directement sur l’indemnisation. Repérer trop tard une fuite, c’est s’exposer à des conséquences supplémentaires : impossibilité de vivre sur place, loyers perdus… Agir dès l’alerte, c’est se donner toutes les chances lors de l’expertise.
Qui doit faire quoi ? Droits et responsabilités des locataires et propriétaires
Le locataire réagit dès la découverte du sinistre : il en informe d’abord le propriétaire, puis fait une déclaration auprès de son assureur habitation. Respecter les délais indiqués dans le contrat est primordial pour garantir la couverture. Le locataire gère les réparations courantes, à moins que l’origine du problème ne relève d’une vétusté ou d’un défaut de construction, qui restent à la charge du propriétaire.
Le propriétaire a, lui, la responsabilité du bon état général du logement : canalisations, étanchéité des toits et fenêtres. Dans un immeuble, le syndic s’occupe des dégâts touchant les parties communes. La convention IRSI sert alors de référence pour déterminer qui prend quoi en charge et comment les frais sont répartis.
La garantie dite « dégâts des eaux » occupe une place centrale. Relisez les plafonds de garantie et la franchise de votre contrat, anticipez les surprises. La déclaration doit être précise, détaillant l’origine de la fuite et l’étendue des dégâts, idéalement accompagnée de photos. Si la responsabilité est incertaine, l’expertise diligentée par l’assurance tranche sur la base des éléments fournis.
Voici comment s’organisent les rôles entre les différentes parties impliquées :
- Le locataire prévient son assureur et le propriétaire
- Le propriétaire gère la maintenance structurelle et contacte son assurance si besoin
- En copropriété, le syndic orchestre les démarches en s’appuyant sur la convention IRSI
Déclaration et expertise : comment se déroule la procédure étape par étape
Tout commence avec la déclaration de sinistre. Dès que les dégâts des eaux sont découverts, l’assuré informe son assureur, généralement dans un délai de cinq jours. Si plusieurs appartements sont concernés, il convient de remplir un constat amiable avec les voisins : ce document précise la source de la fuite et recense les dégâts.
Après réception de la déclaration, l’assureur évalue la situation et peut mandater un expert d’assurance. Celui-ci vérifie sur place ou à distance (par photos, vidéos, factures) la réalité et l’ampleur des dommages. L’expertise dégât des eaux a pour but d’identifier la cause, d’estimer le coût des réparations et de vérifier que tout correspond à ce que prévoit le contrat d’assurance habitation.
Dans certains dossiers, une expertise à distance, via un télé-expert, accélère la procédure, à condition d’avoir un accès internet fiable. Lorsqu’il s’agit de sinistres complexes ou de montants élevés, l’expert se déplace sur les lieux. Il rédige ensuite un rapport d’expertise détaillé, véritable pièce maîtresse du dossier : on y retrouve l’origine du sinistre, la liste des dommages, les responsabilités et le chiffrage précis des travaux à engager.
À partir de ce rapport, l’assureur formule une proposition d’indemnisation. Si l’événement est bien couvert par la garantie dégâts des eaux, une offre est transmise à l’assuré. En cas de désaccord, il est possible de solliciter un expert indépendant ou de saisir le médiateur de l’assurance pour défendre sa position.
Quand et pourquoi solliciter un professionnel pour défendre vos intérêts
Un expert indépendant du bâtiment devient précieux si l’offre d’indemnisation ne reflète pas les dégâts réels ou si de nouveaux dommages cachés apparaissent après la première expertise. Ce professionnel sait chiffrer précisément la remise en état, proposer des solutions pour une traitement de l’humidité durable et repérer l’origine exacte du sinistre. Il intervient pour défendre les intérêts de l’assuré, du simple conseil à la préconisation de travaux adaptés.
Faire appel à un réseau d’experts bâtiment s’avère aussi judicieux lorsque l’aspect financier devient lourd ou que plusieurs parties, syndic, voisin, assureur, ne s’accordent pas sur la responsabilité. L’évaluation indépendante pèse dans la balance : elle constitue un appui technique solide lors des discussions et des procédures de contestation.
Dans quels cas faire appel ?
Voici les principales situations où l’intervention d’un expert indépendant prend tout son sens :
- Proposition d’indemnisation refusée ou jugée insuffisante
- Désaccord entre les parties sur l’origine de la fuite
- Apparition de dégâts immatériels ou de problèmes structurels après la première expertise
- Besoin d’un second avis pour des travaux de remise en état complexes
L’expert indépendant peut aussi accompagner l’assuré lors d’une médiation ou devant un tribunal si le conflit s’enlise. Cette présence technique renforce la défense des droits, que ce soit pour contester une indemnisation ou obtenir la reconnaissance de tous les dommages.
Face à la complexité des dégâts des eaux, chaque étape compte. Les bons réflexes, la réactivité et l’appui des bons professionnels peuvent transformer un incident en simple parenthèse, et non en cauchemar prolongé.


