Mesurer la tension locative pour mieux comprendre votre marché

Les chiffres ne négocient pas : en 2019, louer un appartement en France a encore coûté plus cher. Selon l’observatoire LocService, le budget consacré à la location a progressé de 2% par rapport à l’année précédente. Cette analyse porte sur près de 75 000 logements ayant réellement changé de mains, un échantillon solide pour prendre le pouls du marché.

Contre toute attente, ce n’est pas à Paris que l’on a vu les loyers flamber le plus fort. Bordeaux s’est arrogé la première place, avec une hausse de près de 10% sur un an, révèle Le Figaro. Nantes suit avec +6,62%, puis Angers à +5,35%. Paris, de son côté, enregistre une augmentation de 3,61% « seulement », un chiffre qui paraît presque modéré dans ce contexte.

Tension à bail

Quand les loyers partent à la hausse comme à Bordeaux, c’est le signe d’une tension locative élevée, et cette dynamique touche aussi Lyon (+4,20%), Besançon (+5,29%) ou encore Caen (+5,09%).

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Selon Bati Actu, ces villes font partie des 11 départements concentrant à eux seuls plus de la moitié de la demande locative du pays : 51,01%. Pour donner une idée concrète de la pression sur l’offre, chaque logement disponible attire en moyenne 6,8 candidatures à Bordeaux et Lyon, et 5,4 à Nantes comme à Paris. Trouver un toit dans ces villes relève parfois de la compétition féroce.

Premiers effets de la gestion des loyers ?

En Île-de-France, la tendance ne ralentit pas : +3,28% sur les loyers, contre +2,78% dans le reste du pays. Pourtant, à Paris même, la progression (+3,61%) reste inférieure à celle observée en Petite Couronne (+4,75%) et en Grande Couronne (+4,37%).

Le retour du contrôle des loyers dans la capitale, effectif depuis le 1er juillet, pourrait bien jouer un rôle dans ce coup de frein relatif. Une mesure qui, pour l’instant, semble tempérer la hausse sans pour autant inverser la courbe.

Gain de surface

En 2019, le loyer moyen en France a grimpé de 633 à 646 euros. Cette hausse de 2% pèse lourd, surtout face à une inflation à peine supérieure à 1% sur la même période, comme le rappelle Le Figaro. Avec ce budget, les écarts de surface sont frappants : à Rennes, on peut louer 53 m², à Marseille 42 m², à Bordeaux 38 m², à Lyon 34 m²… et à Paris, la même somme ne permet que 14 m². L’écart entre les territoires se mesure parfois en dizaines de mètres carrés.

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Certaines villes échappent cependant à la spirale inflationniste : les loyers reculent légèrement à Perpignan (-0,18%), Dijon (-0,60%), Montpellier (-0,65%) et chutent même de 1,10% au Mans, la baisse la plus nette observée. Enfin, bon à signaler : en 2019, les locataires ont gagné en moyenne un mètre carré de surface. Un petit pas, qui, dans les grandes villes, peut tout changer.