La question revient à chaque lancement d’activité de location meublée : faut-il s’inscrire au Registre du Commerce et des Sociétés pour déclarer ses loyers en LMNP ? Depuis une décision du Conseil constitutionnel de 2018, l’inscription RCS n’est plus obligatoire, ni pour les loueurs meublés non professionnels, ni pour les LMP.
La confusion persiste parce que les revenus locatifs meublés sont imposés en BIC, catégorie fiscale associée aux activités commerciales. Mais au sens juridique, la location meublée reste une activité civile. Ce qui compte en 2026, ce ne sont pas les formalités supprimées, ce sont celles qui subsistent et les nouvelles obligations encore peu documentées.
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RCS, SIRET et guichet unique INPI : tableau des formalités LMNP en 2026
Plusieurs démarches se croisent quand on démarre une activité de loueur en meublé. Certaines sont obligatoires, d’autres ont été supprimées. Le tableau ci-dessous permet de distinguer rapidement ce qui s’applique encore.
| Formalité | Obligatoire en 2026 ? | Organisme / support | Délai |
|---|---|---|---|
| Inscription au RCS | Non (supprimée depuis 2018) | – | – |
| Immatriculation au Registre national des entreprises (RNE) | Oui | Guichet unique INPI | 15 jours après la première mise en location |
| Obtention du numéro SIRET | Oui (délivré par l’INSEE après immatriculation) | INSEE via guichet unique | Quelques jours après la demande |
| Choix du régime fiscal (micro-BIC ou réel) | Oui, au moment de l’immatriculation | Guichet unique INPI | Lors de la déclaration d’activité |
| Création de l’espace professionnel impots.gouv.fr | Oui (nécessaire pour la déclaration et la liasse fiscale) | impots.gouv.fr | Dès réception du SIRET |
| Affiliation URSSAF (location courte durée > 23 000 € de recettes) | Oui, sous condition de seuil | URSSAF | Dès dépassement du seuil |
Le formulaire papier P0i n’existe plus depuis 2023. Toute immatriculation passe désormais par le guichet unique en ligne de l’INPI, et la procédure est gratuite.
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Affiliation URSSAF et seuil de 23 000 euros : l’obligation que le RCS masque
La suppression de l’inscription RCS a créé un angle mort. Beaucoup de nouveaux bailleurs en concluent que leur activité n’a aucun lien avec le régime social des indépendants. C’est inexact dès que la location concerne de la courte durée.
En application de l’article L611-1 du Code de la sécurité sociale, un LMNP qui perçoit plus de 23 000 euros de recettes annuelles brutes en location courte durée doit s’affilier à l’URSSAF. Cette affiliation entraîne le paiement de cotisations sociales, indépendamment de tout statut commercial ou de toute inscription au RCS.
Le piège est concret : un bailleur qui loue un appartement sur une plateforme type Airbnb ou Booking peut franchir ce seuil en quelques mois dans les zones touristiques tendues. L’absence de démarche RCS ne dispense pas de cette obligation sociale.
Quelles cotisations sont concernées ?
L’affiliation génère des cotisations calculées sur les recettes locatives. Le régime applicable dépend du montant des revenus et du type de location. Les bailleurs concernés doivent se déclarer auprès de l’URSSAF, même si leur activité n’est pas inscrite au registre du commerce.
Pour les locations longue durée classiques, cette obligation ne s’applique pas aux mêmes conditions. La distinction courte durée / longue durée est donc un critère à vérifier dès le lancement de l’activité.
Micro-BIC LMNP 2026 : le changement d’abattement pour les meublés non classés
Le budget 2026 modifie le régime micro-BIC applicable aux meublés de tourisme non classés. L’abattement passe de 50 % à 30 % pour les locations meublées non classées, avec un plafond de recettes abaissé à 15 000 euros.
En revanche, les meublés de tourisme classés conservent un abattement plus favorable. L’écart entre les deux régimes se creuse nettement en 2026, ce qui rend le classement du logement plus déterminant qu’avant dans le choix fiscal.
- Meublé non classé en micro-BIC : abattement de 30 %, plafond de recettes de 15 000 euros
- Meublé classé : abattement maintenu à un niveau supérieur, plafond de recettes plus élevé
- Régime réel simplifié : déduction des charges réelles et des amortissements, sans plafond de recettes lié au micro-BIC
Pour un nouveau bailleur en 2026, le choix du régime fiscal conditionne directement la rentabilité nette de l’activité. Le micro-BIC reste simple à gérer, mais son avantage fiscal diminue fortement pour les meublés non classés. Le régime réel, plus complexe (liasse fiscale, comptabilité), permet la déduction des amortissements et des charges, ce qui réduit souvent le résultat imposable à zéro les premières années.
Facturation électronique et LMNP : une échéance à surveiller
La réforme de la facturation électronique, qui entre progressivement en vigueur, concerne potentiellement les loueurs en meublé assujettis à la TVA. La majorité des LMNP en sont exonérés, mais certains cas spécifiques (para-hôtellerie, prestations de services associées) peuvent entraîner un assujettissement.
Les LMNP non assujettis à la TVA ne sont pas concernés par la facturation électronique dans l’immédiat. Ceux qui relèvent du régime de la para-hôtellerie doivent vérifier leur situation, car les obligations de réception et d’émission de factures électroniques s’appliqueront selon un calendrier progressif.
Cette distinction est rarement abordée dans les guides d’immatriculation LMNP, alors qu’elle peut générer des sanctions en cas de non-conformité.

Déclaration LMNP sans SIRET : les risques concrets
Sans numéro SIRET, un loueur en meublé ne peut pas télétransmettre sa liasse fiscale au régime réel. Il ne peut pas non plus déclarer correctement ses revenus locatifs sur la déclaration 2042-C-PRO.
- Impossibilité de déposer la liasse fiscale (formulaires 2031-SD et 2033) sans SIRET
- Risque de requalification fiscale en cas de contrôle si l’activité n’est pas immatriculée
- Absence de rattachement au régime fiscal choisi, avec application par défaut du micro-BIC
- Retard d’immatriculation passible de relances administratives
L’immatriculation au guichet unique INPI dans les 15 jours suivant la mise en location reste la seule formalité incompressible pour un LMNP en 2026. Elle remplace toutes les anciennes démarches, y compris le formulaire P0i et l’inscription au RCS. Le SIRET obtenu à l’issue de cette procédure est le sésame pour l’ensemble des obligations déclaratives, du choix du régime fiscal à la télétransmission de la liasse.

